2018/2019 : année audiotique ?

Cet article devrait plus intéresser les professionnels de la profession, les éditeurs, les indépendants qui s’interrogent sur le livre audio… Il sort un peu du chemin tracé par notre podcast livre audio hebdomadaire et de la sortie des nouveautés pour les lecteurs.

L’année 2018 est certainement celle qui a vu le plus grand développement sur les livres audio depuis longtemps. Bien sûr, les graines étaient plantées et avaient germé depuis pas mal de temps, mais on peut véritablement parler d’un printemps du livre audio.

Souvenez-vous : Google Play avait ouvert le bal avec la création de sa boutique de livres audio, arrachant même quelques exclusivités. Une ouverture mondiale et en fanfare, une nouvelle boutique dont on ne parle plus beaucoup (parler avec des algos, c’est un peu sec).

Kobo, déjà présent sur le marché du livre audio au Canada et dans d’autres pays, avait enfin ouvert sa boutique de livres audio avec son appli d’écoute sur smartphone au mois d’avril. Surtout, à partir de juin, ils avaient fait une opération spéciale avec Orange pour faire découvrir leur catalogue, leurs quelques exclusivités et faire très plaisir aux abonnés Orange qui bénéficiaient jusqu’en janvier 2019 d’un crédit par mois.

Même période, la filiale du groupe d’édition Editis Lizzie transformait enfin l’essai en commençant à publier régulièrement des livres audio sur toutes les boutiques numériques.

C’est l’année où a été célébré (encore à tort à mon avis) le fait qu’il y avait 10 000 livres audio disponibles sur Audible.

C’est aussi la première année ou la commission livres audio du SNE a dit du bout des lèvres que le livre audio 100% numérique en téléchargement avait (enfin !) dépassé les ventes de livres audio sur CD audio et CD mp3.

Un an plus tard, où en est-on ?

J’ai utilisé Audible comme baromètre, car c’est probablement le plus complet pour les livres audio numériques (le Futur !), même si les différentes conférences auxquelles j’ai assisté parlent plus souvent de la bonne vieille galette.

J’ai regardé les catalogues des éditeurs les plus notables, avec les titres sortis depuis un an ou presque.

Résultat des courses :

Audible a 7728 livres audio au 23 mai. Quand je dis livre audio, c’est que j’ai enlevé les discours, conférences, podcasts. Vous le voyez, en étant un peu plus restrictif, on n’a pas encore atteint les 10 000. Et encore, j’ai laissé dans ce nombre les méthodes de langues qui devraient avoir leur propre catégorie, à mon avis.

Quels éditeurs et studios se détachent dans cette masse ?

Audible Studios, la branche éditoriale d’Audible, menée par une équipe charmante et diablement efficace, a publié 1379 du total de ces titres. C’est donc 17% du catalogue de livres audio français qui est en exclusivité chez Audible, Amazon et iTunes/Apple Books/Apple Livres audio (petit problème de branding chez Apple ?)

Pour se rendre compte de l’effort d’investissement et de travail accompli par Audible Studios, il est utile de se rendre compte qu’Audible Studios a publié environ 490 titres en un an. C’est 8% du catalogue en plus par rapport au total de juin 2018, 55% d’augmentation du catalogue d’Audible Studios, présent sur tous les fronts (SF, polar, érotique, fiction audio, dev perso, romance historique…)

Lizzie, fort de l’appui du groupe Editis et de ses moyens financiers, a tenu son pari : 206 livres publiés. Enfin, 205 car le premier livre audio avait été publié plus tôt…

Audiolib (considéré comme le premier éditeur de livres audio par certains) a définitivement perdu ses palmes, avec « seulement » 801 titres, dont 130 nouveaux. C’est dommage pour le groupe Hachette, principal actionnaire de l’éditeur, qui fêtait justement les 10 ans de l’éditeur en 2018. Alors que Hachette Audio à New York monte en puissance, le groupe semble avoir laissé tomber le relais.

Entre juin 2018 et mai 2019, c’est près de 30% de titres en plus que l’on a vu apparaître sur la boutique Audible.

Je n’ai pas pu faire le même exercice avec la boutique Kobo Audio. Mais celle-ci pâtit évidemment de moins d’exclusivités puisqu’Audible Studios ne travaille qu’avec ses partenaires historiques. Et même si Kobo a beaucoup travaillé sur le relationnel avec d’autres éditeurs, ils n’ont que 33 exclusivités, dont la plupart sont temporaires.

En fait, je n’ai pas pu du tout faire un exercice similaire pour Kobo Audio, et même pas m’informer sur le nombre total de livres audio disponible : la boutique cache le fonds de catalogue, rendant pratiquement impossible une navigation complète. Je ne sais pas comment les éditeurs qui sont dans des niches ou n’ont pas des cartons dans leurs genres peuvent y acquérir de la visibilité. Une opportunité ratée…

Les autres boutiques ? À côté des effets d’annonce, pas grand chose à en tirer pour le moment.

2018 a donc été le printemps du livre audio numérique, mais surtout le printemps d’Audible.

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